Portrait de Claire-Marie Clévy

A l’occasion de l’élaboration de la gazette Un automne chez PKJ, nous avons eu envie d’interroger la traductrice du Fracas et le silence de Cory Anderson. En effet, à chaque saison, la parole est donnée à un.e auteur.rice, un.e illustrateur.rice ou à un.e traducteur.rice. Grand rôle dans chacune des publications achetées à l’étranger, ce métier est au cœur de la transmission du texte d’origine. Claire-Marie Clévy a accepté avec joie de répondre à nos questions sur son travail sur le roman.

Quelle a été votre première impression après la lecture de What beauty there is ?

J’ai été immédiatement conquise par l’atmosphère si particulière du roman, où la neige, le silence, la nature jouent un grand rôle. J’ai aussi aimé les trois personnages principaux, qui sont vulnérables mais courageux. On les voit évoluer, s’ouvrir aux autres et être blessés au fil des pages, et l’on s’identifie très facilement à eux.

Est-ce que la traduction diffère selon la cible du lectorat ?

Oui, je n’aborde pas un texte de la même façon selon qu’il est destiné à de jeunes enfants, des adolescents ou des adultes. Plus le lecteur est jeune, plus je chercherai à adapter les références culturelles, sans pour autant sacrifier l’aspect étranger de l’univers : je trouverai un moyen de décrire un objet plutôt que d’utiliser le nom de la marque américaine, par exemple.

Combien de temps avez-vous mis pour traduire le roman ?

Il m’a fallu environ quatre mois.

Comme chaque traduction est unique, avez-vous une anecdote à nous raconter ?

Cory Anderson accorde une grande place aux cinq sens dans son roman : on voit, on entend, on goûte le monde avec les personnages. Et là où l’anglais dispose d’une foule de verbes pour décrire la lumière (“shimmer”, “glimmer”…) ou encore les bruits de pas (“stomp”, “shuffle”…), le français n’en a pas autant. Il a donc fallu que je cherche des moyens ingénieux de compenser notre manque de vocabulaire !

Qu’est-ce qui vous a le plus séduite dans la lecture du Fracas et du silence ?

J’ai été impressionnée que Cory Anderson parvienne à raconter une histoire très sombre, tout en y laissant une grande part d’amour et de lumière.

Quel personnage vous a le plus marqué ?

J’ai une tendresse particulière pour le personnage de Matty, qui sait exprimer ses sentiments d’une façon très touchante. Il est encore innocent, mais aussi lucide sur la situation, et apporte une touche d’humour bienvenue.


Pour en savoir plus

Lisez notre entretien croisé avec Xavier d’Almeida, directeur de collection chez Pocket Jeunesse et Florian Lafani, directeur littéraire de Fleuve.

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