Comme des sauvages

2020 fait définitivement rimer « surprise » avec « Vincent Villeminot » ! Pendant le confinement, l’auteur s’était donné le défi de nous offrir chaque jour un chapitre du roman qu’il écrivait à ce moment-là et vous avez sans doute pu découvrir et lire le feuilleton L’île depuis votre ordinateur. S’il n’y avait pas eu la crise sanitaire, ce fameux roman serait paru à la rentrée. Finalement, ce sera pour 2021, le temps de le reprendre et le fignoler après cette expérience, et pour septembre, Vincent Villeminot nous fait la surprise d’un autre texte : Comme des sauvages.

Tom a 13 ans et après l’annonce du divorce de ses parents, signifiant le départ de sa maison, de ce bois au fond du jardin qu’il aime tant, il profite des vacances de sa grande sœur Emma avec des amis pour se joindre au groupe. Très vite, Tom laisse les adultes à leurs activités et se lance seul dans l’exploration de la forêt autour du village de leur location. Des balades en pleine nature qui le ressourcent et apportent leur lot de magie quand il découvre une clôture et son étrange inscription de mise en garde. Jusqu’à ce que Tom disparaisse… Malgré les années qui passent et l’enquête qui piétine, Emma ne baisse pas les bras et lorsqu’un nouvel indice la remet sur la piste de son frère, la jeune femme quitte tout pour tenter de le retrouver…

« AVERTISSEMENT :
Celui qui pénètre dans cette partie de la forêt ne reviendra jamais en arrière.
Jamais. »

Le retour à la nature : un thème que l’on retrouvait déjà dans l’inoubliable Nous sommes l’étincelle, mais qui prend ici une toute autre saveur. Pour Tom, la forêt est son élément, son moyen de se ressourcer, sa passion. Il n’imaginerait pas vivre ailleurs qu’à côté d’un bois, d’animaux libres et sauvages. La solitude ne l’effraie pas, et l’étrangeté de ce qu’il découvrira au cours d’une balade l’intriguera. Ainsi Vincent Villeminot nous emmène-t-il dans une écriture de la nature, dans ce qu’elle a de plus beau, mais aussi dans ce qu’elle a de plus brutal. Il y a de la sauvagerie, bien sûr, celle de l’animal – bison ou loup, les deux espèces rencontrées au cours du roman – mais aussi de l’humain dans ce qu’elle a de plus naturelle, primitive, ancestrale. Il y a également de l’amour, celui porté à cette nature fascinante et indispensable, celui de la fratrie, de la meute ou bien celui qui nous conduit, dans la beauté comme dans la cruauté. Et puis il y a de la magie, une magie hors du temps, qui se manifeste par une apparente innocence, par un décalage avec le monde des adultes et, en cela, la citation de Peter Pan en début de roman n’en est que plus troublante.   

La surprise, ce n’est pas seulement ce texte qui n’était pas forcément prévu pour cette année, mais aussi sa construction, son scénario qui nous fait perdre tous nos repères habituels, qui ne cesse de nous laisser bouche bée au fur et à mesure de notre avancée dans l’histoire. Sans vous en dire trop – et peut-être est-ce même déjà trop de vous le dire – sachez que vous n’êtes pas au bout de vos surprises et ce, jusqu’à la toute dernière page !    

Troublant et surprenant, le nouveau roman de Vincent Villeminot ne vous laissera pas indifférent !



Comme des sauvages
Vincent Villeminot
Pocket Jeunesse
320 p. – 9782266297752 – 18,90€
parution le 10 septembre 2020
> dès 13 ans

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