Suivez le périple vital d’une citoyenne du monde

Elle est seule, courageuse, déterminée : Mhairi doit rejoindre absolument sa grand-mère sur l’île d’Arran en Ecosse. Partie du Soudan, elle marchera presque une année entière, avec pour seuls bagages une bouteille d’eau, un briquet et un pistolet déchargé.

Ce voyage semé d’embûches la mettra sur la route d’un jeune garçon, émouvant par son silence et son amour pour une pierre. Incapable de le laisser sur le bord de la route, elle le protégera de tous les dangers. Seul réconfort en cas de doute et de renoncement à cette quête quasi impossible : la voix de son père qui résonne en elle. Ces souvenirs de paroles douces et positives seront sa force et lui donneront l’espoir d’un avenir meilleur.

« Souviens-toi, a dit papa, quoiqu’il arrive, le monde est magnifique. » [page 11]

Mhairi vivait avec ses parents à Khartoum depuis sept ans. En poste dans une centrale électrique, ces deux ingénieurs passionnés œuvraient pour apporter des solutions concrètes face au problème climatique. Tout a basculé du jour au lendemain, avec l’arrivée de soldats annonçant les changements à venir dans l’usine et dans le pays !

Aileen, la grand-mère de Mhairi, les avait prévenus, un an plus tôt : trop de monde veut rejoindre le Nord, ils sont en train de fermer les frontières, sans règles précises. Les parents n’avaient pas pris ses conseils au sérieux, sûrs de pouvoir rentrer chez eux, étant écossais. Mais depuis l’aggravation du réchauffement climatique, la vie dans l’hémisphère sud est devenue impossible. Tous veulent rejoindre le nord. Des centres se forment, des contrôles d’identité sont renforcés, de nouvelles lois territoriales sont votées…

« Il n’y a pas une seule étape de ce voyage pendant laquelle je n’ai pas pensé à chez moi. Rentrer chez moi. Me sentir chez moi. Parmi les collines de mon enfance. En Ecosse . Aujourd’hui je me demande si c’est ça, être chez soi : marcher quelque part sans avoir besoin d’une carte. Parce qu’on a le paysage gravé dans le cœur. » [page 54]

Que c’est agréable de commencer un roman, et de se laisser emporter dans une intrigue légèrement floue sans repères précis ! Des phrases simples, des infos lâchées au fur et à mesure, des paysages qui défilent, une ambiance sombre et réaliste, entre rencontres et complications : une proximité avec Mhairi s’installe, on se sent très proche d’elle, on comprend ses pensées, ses craintes et ses réactions… Cette sensation se renforce au fil des pages, pour au final ressentir exactement chaque scène comme elle.
Un roman marquant qui creuse de l’intérieur cette thématique, et qui nous projette dans un futur proche de manière censée. Une dystopie qui questionne et une héroïne qui s’installera dans votre mémoire.

Mhairi, jeune adolescente Citoyenne du monde grandit dans un monde en crise : crise écologique sans précédent, crise migratoire, crise identitaire. Comment vivre dans un monde où nous n’avons plus de repère et ou l’humanité semble se perdre ? Nicky Singer signe un roman coup de poing à l’écriture sans fioriture dans un futur pas si lointain. Un roman qui remet vite en perspective ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui. Croyez-moi, vous ne sortirez pas indemne de cette lecture…

 

Survival game
Nicky Singer
traduit de l’anglais par Guillaume Fournier
éditions Pocket jeunesse
9782266284110 – 18,90€
à paraître le 19 septembre 2019
> à partir de 13 ans