La quête identitaire d’un ado téléphate

STÉPHANE MICHAKA revient avec un nouveau roman remarquable.

Découvrez sans tarder les deux premières pages de La Mémoire des Couleurs, qui vous plongent immédiatement dans une intrigue déroutante et étonnante.

« Un tunnel ?
Oui, ce doit être un tunnel.
Un corridor sans fin. Un couloir d’acier dans lequel on te précipite d’un coup sec.
Une force irrésistible te projette en avant.
On t’a bousculé, tabassé, puis jeté là sans que tu puisses opposer la moindre résistance.
On t’a peut-être drogué. Cela pourrait expliquer ton mal de crâne. La bouillie qu’est devenu ton cerveau.
As-tu encore toute ta tête ? Sans doute, puisque ces pensées sont les tiennes. Mais elles ne te sont d’aucun secours. Pas plus que les silhouettes que tu devines autour de toi.
Qui sont-ils ? Tu ne les vois pas mais tu peux les entendre. Ils parlent à voix basse.
On dirait qu’ils veulent t’alerter.
Ils parlent dans une langue étrangère. Ils chuchotent de plus en plus fort.
Tu voudrais échapper à leur souffle insistant sur ta nuque, tes oreilles, tes
tympans…
Tu veux sortir mais tu n’es plus maître de tes mouvements. Tu es un caillou emporté par la vague.
La peur te paralyse. Le sas est hermétiquement clos. Où que tu te tournes, pas la moindre lueur.
Pour calmer ton angoisse, tu écoutes les murmures.
Un mot court de bouche en bouche. Un son bref, un mot fait d’une seule syllabe. Les étrangers le répètent en boucle, ils s’y accrochent comme à une bouée. À croire que ce mot, c’est tout ce qu’ils possèdent.
Ils le martèlent pour que tu ne puisses pas l’oublier. On dirait qu’ils veulent le graver dans ton esprit.
Mais bientôt tu entends autre chose. Un autre son bref, une syllabe différente. Puis une autre. Et une autre encore.
Pourtant, quelque chose te dit que c’est le même mot.
Tu butes contre une paroi. Tes mains tâtonnent dans l’obscurité. Es-tu emprisonné dans une cellule ? Un sas ?
Tes mains reconnaissent une serrure.
Qui t’a donné la clé que tu introduis dans le mécanisme ? Tu oublies la question, tu t’agaces de ne pouvoir ouvrir. La clé remue, s’agite comme un serpent. La serrure résiste et, rejetée hors du trou, la clé forme des hiéroglyphes indéchiffrables dans le creux de ta main.
Les hiéroglyphes se transforment aussi vite que le mot, la syllabe de tout à l’heure. Et comme lui, comme elle, ils se gravent dans l’espace vierge de ton esprit.
Vierge ?
Ton passé, ta mémoire… Quel choc les a abolis ?
Les silhouettes se remettent à chuchoter.
Tu as peur qu’elles s’impatientent, griffent tes épaules, ta nuque, arrachent tes cheveux pour se frayer un passage.
Tu essaies de crocheter le mécanisme. La serrure grince, gémit. La porte s’ouvre, l’air s’engouffre dans le tunnel.
Tu vas enfin pouvoir sortir.« 

EXTRAIT p. 9-10

UNE DYSTOPIE ENTRE ROMANCE ET RÊVE ÉCOLOGIQUE

Un jeune garçon se réveille dans une brocante sans le moindre souvenir. Il découvre vite son don de télépathie et son aisance pour communiquer. Pourquoi est-il là ? D’où vient-il ? Accueilli par Anna, la responsable de la boutique, Mauve sent qu’il n’est pas le premier, Rouge et Gris sont venus également avant lui… Sa nouvelle vie est un mystère complet : rien ne ressemble à ce qu’il connaît.

Quelle idée d’utiliser encore du plastique ? Comment peut-on se nourrir ainsi ? À quoi cela sert de conserver livres et CD ?

Entre une adaptation à notre monde et une recherche de réponses sur son passé, la quête d’identité de Mauve est incessante. En journée, il découvre et enregistre nos habitudes et la nuit, ses rêves explorent peu à peu son passé…

Bienvenue dans l’univers du nouveau roman de Stéphane Michaka, qui nous séduit dès le premier chapitre. On y retrouve tout ce qui avait fait le succès de son précédent diptyque « Cité 19 » : une plume fluide et littéraire, un rythme prenant, des personnages attachants, un scénario très bien construit, et une intrigue originale qui navigue entre les genres.

  • Une vision neutre de notre monde
  • Une réflexion subtile et philosophique sur l’identité
  • Une véritable ode à la liberté

Son précédent roman Cité 19UN DIPTYQUE SALUÉ  PAR LA CRITIQUE


 » Stéphane Michaka mêle et décloisonne les genres — le thriller, le roman historique, le fantastique,
la SF — avec brio et gourmandise, revisitant l’esprit du feuilleton pour faire de ce divertissement raffiné un ambitieux récit d’émancipation. Celle de Faustine et celle du peuple de Paris, dont la Commune demeure une utopie majeure. » 

Michel Abescat, Télérama

 

 

 

 

 

 


La Mémoire des couleurs
Stéphane Michaka 
978 2 266 27324 4 – 17€90 – à partir de 13 ans
Éditions Pocket Jeunesse
Diffusion – distribution : Interforum
En librairie le 22 novembre 2018